Mais la combativité sociale reste faible bien que vigoureuse.
Le citoyen n'est pas résigné, il cherche des issues à
ses problèmes.
Il y a un silence sur l'exclusion collective de fractions entières
de la population vivant en France.
On renie le mythe égalitaire , on avalise une société
française à plusieurs vitesses.
L'exclusion résulte d'un processus qui marginalise collectivement
des fractions entières de la population, implantées
sur des territoires bien déterminés. ( Il n'y a pas
de "pays pauvres" mais des "pays de pauvres").
La dangerosité est passée des classes laborieuses
aux groupes oisifs, on assiste à l'apparition d'un consensus
entre les élus locaux et nationaux pour disperser les exclus,
afin d'éviter les explosions sociales (1992-1993).
Remarque : on a des explosions catégorielles parce
que l'on a des "catégories". Il existe des cloisons rigides
entre les "catégories de public" générées par
des administrations.
Trop tard, malgré le mot d'ordre général de rééquilibrage,
les territoires de l'exclusion sont bien là, et les exclus
ne manquent pas de le rappeler.
Certaines explosions sont venues tenter de trouer ce silence;
et ce n'est probablement pas fini : il y a dans ce pays trop
peu de sable pour qu'on puisse faire l'autruche longtemps.