L'atelier
ESPACE DIVERGENCE REFLEXION
présente :

 
ELEMENTS DE REFLEXION

 
 

1. LA POPULATION ET L'EXCLUSION

Pour la population la principale cause d'exclusion est le chômage :

1976 : 32 %
1981 : 58 %
1988 : 72 %
1992 : 73 %
1995 : 80 %

Le chômage est considéré comme la priorité à laquelle devraient se consacrer les hommes politiques.
Or la population juge "pas très efficace" ou "pas efficace du tout" l'action en ce domaine du gouvernement issu des dernières élections. Il existe un sentiment d'inégalité et d'exclusion qui déstabilise en profondeur les rapports sociaux.
Il y a un "désenchantement libéral" et une absence de modèles politiques alternatifs.
Les scénarios politiques ou sociaux de réponse à la crise deviennent imprévisibles.
40 % des actifs se sentent en situation ou risque de vulnérabilité économique et sociale.

L'exclusion sociale nourrit l'exclusion citoyenne :

- Non inscription sur les listes électorales,
- Abstention électorale,
- Crise du militantisme.

   

2. MODIFICATIONS DES JUGEMENTS

- "PLUS PERSONNE N'EST A L'ABRI"

+ 55 % disent avoir peur de devenir eux-même des exclus, c'est à dire des chômeurs de longue durée ou des personnes sans logements.
+ 54 % des salariés craignent de perdrent leur emploi dans les mois à venir. L'exclusion n'apparaît plus stigmatisante. La peur de l'exclusion touche les inclus.

- AUTRES JUGEMENTS :
- Gains importants au LOTO
1986 : perçus comme moraux : 56 %
1993 : considérés comme immoraux : 49 %
- Luxe : suscite avant tout la révolte (30 % ) plus que le rêve (19 % )

   

3. CRISE MORALE - RADICALITE RHETORIQUE

- Incapacité du monde politique à combattre l'exclusion :
" depuis le siècle dernier les choses n'ont pas changé en profondeur, les inégalités étant toujours très grandes ".
40 % des cadres et 61 % des ouvriers font ce constat pessimiste.

- " Les choses ont tendance à aller plus mal "(70 % de la population).

- Les citoyens ont constaté que leurs conditions d'existences étaient de moins en moins liées à leurs choix électoraux, et de moins en moins dépendantes de leurs qualités personnelles.

- La pertinence du discours managérial sur la "compétence" et le "risque" qui assureraient la promotion des individus et profiteraient à l'ensemble de la collectivité, à tendance à s'affaiblir.

- La pauvreté est de moins en moins considérée comme un accident imcombant aux individus eux mêmes, c'est à la société qu'elle est désormais attribuée (73 %).

   

4. ABSENCE D'ALTERNATIVES POLITIQUES

On constate une radicalisation d'attitude à l'égard de la société :
- 45 % veulent la changer complétement,
- 40 % la réformer,
- 11 % ne veulent pas la changer du tout.

Mais la combativité sociale reste faible bien que vigoureuse. Le citoyen n'est pas résigné, il cherche des issues à ses problèmes.
Il y a un silence sur l'exclusion collective de fractions entières de la population vivant en France.

On renie le mythe égalitaire , on avalise une société française à plusieurs vitesses.

L'exclusion résulte d'un processus qui marginalise collectivement des fractions entières de la population, implantées sur des territoires bien déterminés. ( Il n'y a pas de "pays pauvres" mais des "pays de pauvres").

La dangerosité est passée des classes laborieuses aux groupes oisifs, on assiste à l'apparition d'un consensus entre les élus locaux et nationaux pour disperser les exclus, afin d'éviter les explosions sociales (1992-1993).

Remarque : on a des explosions catégorielles parce que l'on a des "catégories". Il existe des cloisons rigides entre les "catégories de public" générées par des administrations.

Trop tard, malgré le mot d'ordre général de rééquilibrage, les territoires de l'exclusion sont bien là, et les exclus ne manquent pas de le rappeler.

Certaines explosions sont venues tenter de trouer ce silence; et ce n'est probablement pas fini : il y a dans ce pays trop peu de sable pour qu'on puisse faire l'autruche longtemps.

 
5. ENJEUX

On voit bien :
- que les structures anciennes se défont,
- le rapport au travail cesse d'organiser la totalité de l'espace public.

Par contre le monde en train de naître est encore en gestation :
- Le territoire et l'insertion esquissent un monde social encore inconnu.
- Les formules du lien social ne sont pas encore énonçables.

Dans ce manque de perception se glisse l'enjeu d'une reconquête où le politique et le religieux affirme la prétention à en dire le sens.

La conception du territoire est cet enjeu : la capacité des sociétés à réinvestir le lien social, le lien au territoire, comme espace public, lieu de formation de l'opinion publique et de la décision collective par la discussion.

 
Question : comment gérer des lieux conçus comme des espaces dans une logique de territoire ?
 


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