LIBERTE EGALITE
SOLIDARITE


Déclaration
des chômeurs, précaires & exclus
des Trois Frontières
Région Rhin supérieur

Bâle, Freibourg/Br., Mulhouse
1999

POUR UNE EUROPE SOCIALE

Aujourd'hui, dans l'Union Européenne, on dénombre environ 20 millions de chômeurs et 50 millions de personnes en situation de pauvreté.
Sans arrêt, des emplois sont démantelés et des entreprises sont délocalisées.
La construction d'une Union Européenne plus financière que sociale aggrave ces tendances et contribue par là à la déterioration des conditions de vie pour des millions d'individus.
La croissance économique se fait au détriment des besoins vitaux d'une part de plus en plus importante de la population et n'est que bénéfices sur les comptes et avoirs des classes possédantes et dirigeantes.

La mondialisation de l'économie, la supranationalité des entreprises, les règlements unilatéraux d'organismes comme l'OMC (WTO -- Organisation Mondiale du Commerce / World Trade Organisation) ou l'AMI (MAI -- Accord Multilatéral sur l'Investissement / Mutual Agreement of Investment) pervertissent et dénaturent la démocratie.
Mais, au lieu de s'opposer à ses développements, les forces politiques dirigeantes gaspillent des milliards d'Euro pour des armements inutiles et des subventions iniques.

Le chômage et la pauvreté d'une part de plus en plus importante du peuple portent atteinte à la dignité des Hommes.
Il est de la responsabilité des dirigeants politiques d'agir pour répartir les richesses économiques: il n'y a pas de Liberté sans Egalité et Solidarité.

POUR CHACUN, DANS L'UNION EUROPEENNE,
UN REVENU DE BASE POUR LA DIGNITE

Nous demandons l'introduction d'un Revenu de Base pour la Dignité -- pour tous -- de 1200 Euro par mois et ce pour garantir la dignité des hommes et des femmes sans travail et par là soumis à la précarité et à l'exclusion, pour qu'ils aient librement accès aux transports et par là au droit fondamental de se déplacer, pour qu'ils puissent participer pleinement à la vie sociale, culturelle et politique.

Pour une vie digne de chaque Homme, ce Revenu de Base pour la Dignité est indispensable.

Pour mettre en oeuvre ce Revenu de Base pour la Dignité, il est indispensable, du haut vers le bas, de distribuer les richesses.
Nous demandons donc le partage du pouvoir, du savoir et de l'avoir.

REDEFINITION ET REPARTITION DU TRAVAIL

Les progrès de la productivité du travail ont rendu inefficaces les mesures prises dans le passé.
L'idéologie du plein-emploi s'avère illusoire. Seule une réduction massive du temps de travail associée à une redistribution du travail disponible -- sans flexibilité et sans annualisation -- peut inciter les sociétés européennes à créer en nombre suffisant de nouveaux postes de travail.
Les 35 heures ne suffisent pas: il faut aller vers les 32 heures et plutôt, même, vers les 28 heures. La protection sociale et l'extension du travail à mi-temps ainsi que du temps choisi sont également indispensables.

L'égalité entre les hommes et les femmes ne sauraient être dissociée de la lutte contre le chômage et doit se retrouver dans l'égalité des chances, dans la formation, dans le choix d'une activité ainsi que dans un salaire égal pour un travail égal.

LUTTE CONTRE LE TRAVAIL FORCE

Nous condamnons toute politique qui combat les chômeurs au lieu de combattre le chômage.
Nous refusons la déclaration de la Commission Européenne du 23 Avril 1998 qui stipule qu'il faut prendre des mesures pour "inciter les chômeurs au travail par la répression administrative et les pressions sociales" car cette déclaration est contraire à la dignité humaine et ne vise qu'à favoriser à l'excès le patronat.

Nous condamnons toutes mesures répressives des pouvoirs politiques (législatifs) et des autorités publiques (exécutif) dès lors qu'elles ont pour objectif de forcer des Hommes à accepter des emplois sous-payés et hors toutes conventions sociales.
Nous n'acceptons pas l'exploitation d'une quelconque concurrence pouvant s'établir entre chômeurs et travailleurs.
De même nous refusons certaines mesures d'insertion coercitives qui ne sont que des instruments d'une exploitation renforcée de l'Homme par l'homme.

LUTTE CONTRE L'EXCLUSION DES IMMIGRANTS

Engendrée par l'option ultra-libérale de l'économie, la déréglementation du marché, par les restructurations permanentes des entreprises, l'insécurité régnant sur le marché du travail permet aux populistes et démagogues de toutes sortes de prendre comme responsables et boucs-émissaires les populations immigrées.

Les déficits de communication inter-culturelle sont habilement et scandaleusement utilisés pour peser sur la peur des ressortissants --chômeurs ou non-- de l'Union Européenne et les dresser contre les immigrants.
L'exclusion économique de millions d'individus, générée par l'absurde logique du profit à tous prix associée à la désignation éhontée de responsables coupables d'avance car différents, sapent le fondement même de la démocratie.

Nous voulons que partout les droits inaliénables des Hommes soient acceptés par tous.

L'importance économique de l'immigration doit être reconnue partout et tout de suite dans l'Union Européenne en donnant aux immigrés la totalité des prérogatives liées à la notion de citoyen ressortissant de l'Union Européenne.

Nous revendiquons donc pour tous, dès lors qu'ils vivent, résident et travaillent dans l'Union Européenne, l'égalité des droits inhérents aux ressortissants des différentes nations la constituant et ce indépendamment de leur citoyenneté d'origine et sans aucune entrave administrative ou autre.

ESPACE D'EXPERIMENTATION
DE MODELES ALTERNATIFS

Pour mettre en oeuvre des solutions et modèles alternatifs, il est nécessaire de créer des espaces d'expérimentation.
Les autorités locales et régionales devront cautionner les projets autodéterminés et autogérés par les chômeurs.
Le soutien des autorités politiques régionales et municipales doit se manifester par la mise à disposition au profit des chômeurs d'infrastructures et moyens logistiques leurs permettant de développer tous projets innovateurs et alternatifs.

Les possibilités réelles aux niveaux locaux et communaux sont beaucoup plus importantes que ce que n'osent communément admettre les autorités et ce principalement dans les domaines de l'écologie et de la vie sociale.
Le potentiel d'emplois nouveaux est non seulement important mais encore inexploré.

Nous poursuivrons une approche pluraliste: il n'est pas question de se limiter à un seul modèle, mais en tenant compte de ce qui précède d'explorer tous les modèles et les projets possibles.

Pour initialiser, développer et accompagner divers projets concrets nous proposons la création de mécanismes et d'institutions comme par exemple un "Revenu de Base pour la Dignité" et un "Conseil Régional pour l'Emploi", ce dernier étant assorti d'une participation paritaire et de plein droit des chômeurs.

Nous appelons les responsables politiques à se mobiliser et à affecter à ces projets une partie de leurs budgets locaux ainsi qu'une partie des fonds régionaux de l'Union Européenne.

Notre combat immédiat vise à donner à nos concitoyens les moyens de vivre décemment mais aussi à construire une Europe des Citoyens mettant fin aux discriminations et aux inégalités tout en construisant des échanges Nord-Sud équitables, et en permettant de garantir l'avenir des générations futures.

 
Collectif des chômeurs et précaires Rhin supérieur
Bâle - Fribourg/Br. - Mulhouse
27 Avril 1999

FREIHEIT GLEICHHEIT
SOLIDARITÄT


Deklaration der trinationalen
Erwerbslosen-Grupen
der Region Oberrehein

Basel - Freiburg/Br - Mulhouse
1999

FÜR EIN SOZIALES EUROPA

Die Europäische Union heute 20 millionen Erwerbslose und 50 millionen Menschen, die unterhalb der Armutsgrenze leben müssen.
Stellenabbau und Auslagerung von Produktionsstäten schreiten ungebremst fort. Die Verwirklichung der Lebensbedingungen für Millionen.
Das Wirtschaftswachstum geht über die Bedürfnisse der Menschen hinweg und hinterlässt seine Spuren nur auf den Konten der Besitzenden.

Die Globalisierung der Wirtschaft, transnationale Unternehmen und Organisationen wie die Welthandelsorganisation (WTO) und Abkommen wie das Mutual Agreement on Investment (MAI) unterhöhlen die Democratie.
Doch statt sich diesen Entwicklungen entgegenzustellen, verschwenden die europäiscen Regierungen weiterhin Milliarden für eine sinnlose Rüstung und fragwürdige Subventionen.

Massenerwerbslosigkeit und Massenarmut sind die grösste Bedrohung für ein würdiges und zivilisiertes Leben.
Es gibt keine Freiheit ohne Gleichheit und Solidarität !

EIN GRUNDEINKOMMEN VON 1200 EURO
FÜR DIE MENSCENWÜRDE

Um die ökonomisce Sicherkeit der wirtschaftlich Ausgeschlossenen zu erreichen, fordern wir eine menschenwürdige Existenz-Grundsicherung von 1200 Euro monatlich für den Lebensunterhalt pro Person.

Um der Erwerbslosen den Zugang zu öffentlichen Verkehrmitteln und damit das Grundrecht der Bewegungfreikeit zu sichern und ihnen die Teilhabe am gesellschaftlichen, kulturellen und politischen Leben zu ermöglichen, ist dieses garantierte Grundeinkommen unverzichtbar.

Um diese Grundsicherung zu ermöglichen, ist eine Umverteilung des gesellschaftlichen Reichtums von oben nach unten unerlässlich. Wir fordern die Teilung der Macht, des Wissens und des Besitzes.

ARBEIT: NEUDEFINITION UND
UMVERTEILUNG

Die stetig steigende Produktivität der arbeit hat Erfolg der bisher ergriffenen arbeitsmarktpolitischen Massnahmen verunmöglicht.
Die Ideologie einer Wiederherstellung der "Vollbeschäftigung" wie zu Zeiten des Wirtschaftswunders der Nachkriegzeit ist eine Illusion.
Nur eine Umverteilung der vorhandenen Arbeit und eine massive Verkürzung der Arbeitszeiten den Menschen Europas neue Arbeitsplätze in ausreichender Zahl verschaffen.
Die Politik der 35-Stunden-Woche hat sich als völlig untauglich erwiesen: Die wöchentliche Normalarbeitzeit muss in Zukunft eher bei 32 oder 28 Wochenstunden liegen.
Der Ausbau und die rechtliche Sicherung von Teilzeitarbeit und Job-Sharing sind für die nachhaltige Beseitigung der um sich greifenden Massenerwerbslosigkeit ebenfalls unversichtbar.

Zur Überwindung der Masserwerbslosigkeit gehört die Durchsetzung der Gleichberechtigung der Geschlechter, d.h. des prinzips "Gleicher Lohn für gleiche Arbeit" und die Chancengleichheit bei Ausbildung, Ausübung und Wahls des Berufs.

ARBEIT - NICHT UM JEDEN PREIS:
GEGEN DEN ZWANG ZUR ARBEIT

Wir verurteilen eine politik, die statt der Erwerbslosigkeit die Erwerbslosen bekämpft.
Die Erklärung der Europäischen Kommission vom 23. April 1998 -- "Es müssen Massnahmen ergriffen werden, um Arbeitslose durch administrative Kontrolle und soziale Druck zur Arbeit zu zwingen" -- ist einseitig den Interessen der Arbeitgeber verpflichtet und menschenverachtend.

Wir verurteilen alle repressiven Massnahmen seitens der Politik und der Behörden, die Menschen gegen ihren Willen in schlecht bezahlte und ungesicherte Arbeitsverhältnisse zu zwingen.
Wir wehren uns gegen die Herstellung und Ausbeutung einer wilden Konkurrenz zwischen Erwerbslosen und Arbeitenden.
Den "Kombilohn" lehnen wir als Instrument zur verschärften Ausbeutung der menschlichen Arbeitkraft entschieden ab.

Wir verurteilen ein administratives Strafsystem, das die BezügerInnen von Arbeitslosengeld und Sozialhilfe in die Obdachlosigkeit und Verelendung treibt.

Wir verurteilen ein Verwaltungssystem von Kontrollen und Beobachtung, das den Ausschluss und schliesslich die Kriminaliserung der Erwerbslosen bewirkt und zementiert.

KAMPF GEGEN
AUSSCHLUSS UND AUSGRENZUNG DER
MIGRANT(INN)EN (1)

Die Unsicherheiten auf dem Arbeitmarkt durch die fortdauernden Umstrukturierungen in den wirtschaftlichen Prozessen laden zu populistischen Strategien ein, um Sündenböcke für die Ausgrenzung der Verlierer der Krise verantwortlich zu machen.
Dafür müssen vorwiegend Immigrationsgruppen herhalten.

Geschickt werden tatsächliche Defizite der interkulturellen Verstädigung schamlos ausgenutzt und Angstgefühle der deklassierten Einheimischen gegen die Angstgefühle der diskriminierten Immigrationsgruppen ausgespielt.
Die Wirtschaftliche Ausgrenzung von Millionen durch die Profitlogik und die bequemen und privitiven Schuldzuweisungen durch die politische Rechte arbeiten Hand bei der Aushöhlung der Grundlagen der Demokratie.
Unser Ziel ist es, den Menschenrechten Geltung zu verschaffen.

Die wirtschaftliche Bedeutung der Immigration muss durch politische Mitbestimmungsmöglichkeiten hier und jetzt anerkannt werden.
Die "Einbeziehung des Anderen" (Jürgen Habermas) kann nur über die Gleichberechtigung aller im Inland lebenden und arbeitenden Menschen, unabhängig von ihrer Staatszugehörigkeit, Wirklichkeit werden. Dies erfordert u.a. eine unbürokratische Erteilung von Aufenthalts- und Arbeitsbewilligungen.

(1): Gemeint sind Einwanderer Innen, Asylsuchende und papierlose "Illegale" usw.

RAUM FÜR EXPERIMENTE:
ALTERNATIVE UND SELBSTBESTIMMTE
MODELLE DER BESCHÄFTIGUNG

Das Schwergewicht bei der Bereitstellung sinnvoller Beschäftigungsmöglichkeiten liegt in der Förderung eines Raumes für experimente.
Die lokalen, regionalen und nationalen Behörden müssen dazu Bürgschaften für die selbstbestimmten Projekte von Erwerbslosen und Teilarbeitsfähigen leisten.
Die lokale und städtische Förderung kann in der Zuverführungstellung von Räumlichkeiten und Infrastrukturen bestehen, die neue Möglichkeiten für Kontakte und die Entwicklung von Projekten geben.

Die Praktischen Möglichkeiten auf kommunaler Ebene sind bedeutend grösser als es die Behörden zugeben wollen.
In den Bereichen des Umweltschutzes und der sozialen Aufgaben ist das Potential für neue Arbeitsplätze noch bei weitem nicht ausgeschöpft.

Wir verfolgen einen pluralistischen Ansatz: Es kann nicht darum gehen, sich auf ein einziges Modell zu beschränken, sondern unter Berücksichtigung und Mitsprache der Betroffenen einer Vielzahl von Modellen und Projekten Raum zur Verwirklichung zu geben.

Um die verschiedenen Projekte anzuregen, weiterzuverfolgen und zu begleiten, schlagen wir die Schaffung von Mechanismen und Institutionen vor.
Ein "Regionaler Rat für Arbeit und ein menscenwürdiges Grundeinkommen", in dem die Erwerbsloden paritätisch und mit vollen Rechten vertreten sind, könnte diese Aufgabe übernehmen.
Wir fordern die plitisc Verantwortlichen auf, zur Förderung solcher Experimente Gelder aus ihren Haushalten und den Regionalfonds der Europäischen Union zu mobilisieren und zur Verfügung zu stellen.

Unsere Bestrebungen zielen darauf hin, unseren MitbürgerInnen die Mittel zu verschaffen, ein würdiges Leben zu führen und ein Europa der BürgerInnen zu schaffen, das den vielfältigen Diskriminierungen und Ungleichheiten ein Ende setzt, gerechte Beziehungen zwischen den Ländern des Nordens und des Südens herstellt und die Zukunft der kommenden Generationen garantiert.

 
Trinationale Erwerbslosen-Gruppen Oberrhein Basel, Freiburg/Br, Mulhouse
27. April 1999

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