L'atelier
ESPACE DIVERGENCE REFLEXION
présente :

 
LA SOLIDARITE

 

1. SOLIDARISME:
Doctrine qui fait de la solidarité le principe de la morale, de la politique et de la science économique, considérées comme normatives.
Voir L. Bourgeois, Morale de la solidarité / 1907.

 
2. SOLIDARITE:

A/ PREMIER SENS :

Devoir moral d'assistance et dépendance réciproque.

Devoir moral d'assistance entre les menbres d'une même société, en tant qu'ils se considèrent comme un seul tout: « J'ai le premier emprunté aux légistes le terme de solidarité pour l'introduire dans la philosophie, c'est-à-dire suivant moi dans la religion: j'ai voulu remplacer la charité du chistianisme par la solidarité humaine, et j'ai donné de celà mes raisons dans un gros livre».
Pierre Leroux, La grève de Samarez, Tome I, p 254.

Il s'agit "de l'humanité" 1840. Il y distingue d'ailleurs la solidarité au sens de la dépendance réciproque, et la solidarité comme devoir. Dépendance réciproque, caractère des êtres ou des choses liés de telle sorte que ce qui arrive à l'un d'eux retentisse sur l'autre ou sur les autres. Terme de sens extrêmement large et très employé, surtout depuis Auguste COMTE: « Lorsque cette solidarité spontanée de la science et de l'art aura été organisée...»
Discours sur l'esprit positif, §22

« La fatale solidarité de la morale et de la théologie ...»
Ibid, §50.
« Il existe dans une solidarité de phénomènes toute spéciale sur laquelle nous devons appeler l'attention de l'expérimentation»
Claude Bernard, Introduction à la médecine expérimentale, 2ème partie, ch.III.

B/ DEUXIEME SENS :

Devoir moral inter-génération.

Devoir moral qui est censé résulter de ce fait que les générations présentes ont une dette à l'égard du passé.
Ce sens est particulièrement développé dans "La solidarité", ( L. Bourgeois, 1897 ) :
«La solidarité-fait, la solidarité-devoir, ne confondont jamais l'une et l'autre ;ce sont des contraires, mais il est indispensable de constater la première pour appercevoir la nécéssité morale de la seconde».
(Philosophie de la solidarité, p.13).

En un sens unilatéral: « Sur le cadran d'une montre, l'aiguille des minutes entraîne ou conduit l'aiguille des heures, sans que celle-ci conduise l'aiguille des minutes. En d'autres termes, le mouvement de l'aiguille des heures est solidaire de celui de l'aiguille des minutes, tandis que le mouvement de l'aiguille des minutes est indépendant de celui dde l'aiguille des heures».
Cournot, Traité, Ch.VI §52.

Cet emploi du mot s'accorde mal avec l'étymologie. Il est cependant très usuel pour désigner la dépendance qui existe entre les générations successives dans une société. Autrement dit pour représenter l'idée d'Auguste COMTE, d'après laquelle «dans chaque phénomène social, surtout moderne, les prédécesseurs participent plus que les contemporains»
(Polit. positive, discours préliminaire, ch.I, p.364).

Mais lui-même désigne plutôt cette dépendance sous le nom de continuité, et réserve celui de solidarité à la dépendance qui résulte d'actions réciproques:
- « Cette continuité nécessaire manifeste mieux que la simple solidarité combien la vie collective est seule réelle, la vie individuelle ne pouvant exister que par abstraction».
- « Le vrai sentiment social, d'abord de solidarité, et puis surtout de continuité...»
- « Une telle continuité successive caractérise davantage la vraie religion que la solidarité actuelle».

En conclusion « Chaque génération doit rendre gratuitement à la suivante ce qu'elle-même reçu de la précédente», d'où les sens suivant:

  • Devoir de solidarité
  • Solidarité devoir
  • Solidarité.

Accueil · Territoire de
la Solidarité
· Terroir des Captifs · Espaces Divergence · L'Ancredière · Et Vous ? · La Vitrine

Tous textes et images sous copyright © 1997-98-99-2000-01
(droits réservés aux auteurs respectifs)