L'atelier
ESPACE DIVERGENCE MEMOIRE
présente :
Sceau Wurtemberg

Montbéliard,
Centre Economique et Politique sous les Princes du Wurtemberg

Jusqu'à 1793, Montbéliard est une capitale où le pouvoir politique et économique est partagé au sein d'une régence représentant le prince et les bourgeois, familles d'artisans et de marchands.

La population rurale est asservie aux décisions des deux tenants du pouvoir.

La principauté, de religion protestante, est isolée au milieu de la France catholique. Enclave, elle est un objet de convoitise pour le Royaume de France. Aux guerres, passages de troupes, succèdent des périodes de calmes et de prospérité.

L'économie (dominée par le secteur agraire), de subsistance et d'autoconsommation, est limitée par le blocus organisé par le Royaume de France.
Régie par les "CHONFFES", aux règles écrites et négociées entre les Bourgeois et la Régence, elle interdit la liberté d'installation et la concurrence.

C'est une société immobile organisée par des textes qui règlent toute la vie de la population. L'horizon de la population se restreint au clocher et aux limites du territoire communal.

C'est une société de caste, partagée entre :

  • la noblesse,
  • l'église,
  • les bourgeois,
  • les francs habitants,
  • le peuple, taillable et corvéable.

Sceau Empire 1
Déjà une Utopie Politique

Le premier septembre 1807, NAPOLEON, pour mettre fin aux excès de la mendicité, écrivait au ministre de l'intérieur CRETET :
«la mendicité est un objet de première importance. Les choses devraient être établies de manière qu'on pu dire : tout mendiant sera arrêté. Mais l'arrêter pour le mettre en prison serait barbare ou absurde. Il ne faut l'arrêter que pour lui apprendre à gagner sa vie par son travail. Il faut donc une ou plusieurs maisons ou ateliers de charité».

Et le 14 novembre 1807 :
"J'attache une grande importance et une grande idée de gloire à détruire la mendicité. Faites en sorte qu'au 15 décembre vous soyez prêts sur toutes les questions afin que je puisse par un décrêt général porter le dernier coup à la mendicité".

Sceau Empire 2
Les Indigents

Chaque période de crise voir grossir le nombre de pauvres, ce qui constitue "la classe dangereuse" selon expression de FREGUIER en 1840.

On ne parle pas encore "de peur sociale", mais ces marginaux font l'objet d'une étroite surveillance de la police.

Exclus par la société bourgeoise édifiée par le code civil, ces déclassés mènent une vie à part qui fascine et révulse tout à la fois le lecteur de roman gothique et l'amateur de mélodrame.
On le voit au retentissement donné aux affaires criminelles.

Ils ont une existence en marge de "la classe laborieuse", mais dont l'horizon est identique: du garni au taudis, de la soupe philantropique au morceau de pain acquis par la mendicité.

Sceau Empire 3
La Lutte

Certains accusaient les âmes charitables de porter la principale responsabilité dans l'extension de la mendicité.

Ainsi le futur chef des ultras, VILLELE, écrivait-il :

« Lorsque le mendiant sera bien convaincu de l'inutilité de ses demandes, vous n'aurez plus à craindre de ses importunités. Les aumônes seules produisent et multiplient les mendiants ».
De la mendicité on passe aisément au brigandage, d'où les mesures sévères qui sont prises contre les errants sous l'empire. L'article 269 du code pénal assimile le vagabondage à un délit.

Sont réputés vagabonds « ceux qui n'ont ni domicile certain, ni moyens de subsistance, et qui n'exercent habituellement ni métier ni profession ».

Passibles de peines correctionnelles, les mendiants doivent, après un séjour en prison, être enfermés dans des dépôts de mendicité.

Ordonnance impériale
Les Dépôts de Mendicité

Des dépôts de mendicité sont établis dans des départements par le décrét du 5 juillet 1808.

"Institutions totales", ils devaient "modeler la médiocre moralité de leurs pensionnaires".

Punition ou réhabilitation ?
Pour beaucoup, il s'agissait de retirer de la circulation un certain nombre d'individus dangereux ou supposés tels.
Pour d'autres, il importait de leur redonner conscience de leur dignité.

Figure d'une élévation
Projet

Aujourd'hui dans une société sans projet où les structures sociales, politiques, morales, ont montré et montrent leur impuissance à imaginer, élaborer et proposer un nouveau modèle de société, il est peut être intéressant d'étudier les mécanismes qui, entre le XVIIIème et XIXème siècles ont donné naissance à notre environnement social.

A Montbéliard, le château qui fut un appareil défensif sur un site fortifié, un symbole de puissance, un lieu de pouvoir, la résidence des princes au milieu du XVIIIème siècle devint en 1794, au lendemain du rattachement à la France, un hôpital militaire, et en 1811 NAPOLEON Ier y établi un "dépôt de mendicité" pour le département du Haut-Rhin. En 1814-1815 il redevint un hôpital militaire.

Le rattachement de Montbéliard au Wurtemberg, à la Haute-Saône, au Haut-Rhin, puis finalement au Doubs et son château, monument majeur, qui identifie la ville, permettent de donner à l'évenementiel, généré par un projet "de réflexion sur l'exclusion", un intérêt régional.

Les structures existantes, la population peuvent adhérer à un tel projet en intégrant des recherches, des rencontres, des conférences, des expositions.
Il peut aider à rendre une cohésion à l'environnement social.

Montbéliard, capitale de réflexion pourrait ainsi attirer, venant d'horizons divers, des personnalités s'étant fait remarquer par leur communication, (écrit, film, vidéo) ou leur action (humanitaire, sociale ou politique).

Les rencontres, ainsi que leurs synthèses donneraient un très large rayonnement, à la mesure de la volonté et de l'énergie mise par tous dans le projet.

Extraits de:
"Le Château des Princes
et l'Exclusion"
Livres I, II & III.


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